takeyouonacruise
The breaking of a wave cannot explain the whole sea.
Lundi 25 octobre 2010 à 2:40

La proximité.
Si vous étiez trop mignons avec moi, la prochaine fois qu'on se verrait, ou même si on se voyait pour la première fois, vous me donneriez du Allen Ginsberg. Je crois que c'est un livre qui me rend belle. Je vous explique, à force d'écouter Kaddish, je me le récite dans ma tête, j'allais pour monter dans le métro, je me disais "All the accumulations of life, that wear us out--clocks, bodies, consciousness, shoes, breasts--begotten sons--your Communism--'Paranoia' into hospitals.", quand un gars est sorti du métro et m'a crié "salut beauté!". (J'ai eu peur et je suis resté choquée, peut-être 3 secondes, d'abord il y avait le choc, un éclat d'humanité en plein dans mon Kaddish, ensuite, un cri, qui m'était destiné, sans présentation préalable, enfin, j'ai eu peur qu'il s'approche de moi, j'ai eu peur du mal de tête soudain). Joris a dit que je cultivais mes névroses, Agathe aussi. Je pense qu'ils ont raison. Je sais que je suis assez intelligente pour comprendre que ce n'est pas parce que x s'est suicidé, ou que x a tué sa fille, ou que x a fini en hôpital psy et que je partage leurs sangs que je dois finir comme eux. Je sais que c'est en m'enfermant dans la pensée que de toute façon je vais finir folle que je vais vraiment le devenir. Je sais que si je ne contrôle pas, si je ne régule pas mon imagination, si je ne coupe pas les images morbides (dont la contemplation rythme mes journées) et les images de destruction je vais finir par les actualiser. Je sais qu'un jour quelqu'un va venir, des émotions vont être mobilisées et que je devrais les subir, et finir même par aimer ça. Je sais que le mal de tête était une excuse au départ et que maintenant c'est devenu vrai, et que ça sera d'autant plus dur de s'en débarrasser.
Je ne l'ai pas dit, mais quand j'ai vu qu'Elle avait envoyé une lettre à Mère, j'ai pleuré de joie. J'ai la moitié de mon coeur idéalisé de l'autre côté de la Manche, coincé dans une maison avec une porte en bois très lourde et au goût d'apple pie indéfinissable qu'Elle avait préparé.
Amarcord.

Encore un article: Me, Myself & I
Jeudi 21 octobre 2010 à 0:41
Encore un article: Me, Myself & I
Lundi 11 octobre 2010 à 2:10
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Ce que tu ne me dis plus.
J'ai des bleus partout sur les jambes, je les soupçonne d'être des marques de ton abandon. Un pour chaque fois où j'ai essayé d'attirer ton attention. Je comprends l'abandon, c'est humain, c'est si humain de se lasser, de penser à autre chose, de passer à autre chose. C'est si humain, j'en suis presque touchée. J'ai envie de te dire que je comprends. J'ai envie de te dire que tu ne me manques pas. C'est plus vague que ça. Je n'ai pas envie de t'accuser d'abandon, même si c'est comme ça que je le vis. Impolitesse à la limite. On dit au revoir dans ces histoires là. Pas toi. D'accord alors. Moi je te le dis.
Si je fais des bleus vite, c'est parce que je manque de fer je crois, je manque de fer, donc je manque de sang, c'est pour ça que je suis pâle. Je ne mange pas assez ces temps ci parce que l'idée de nourriture me file la nausée. Si vous me cherchez, je suis dans le métro, je lis du Barthes en souriant tout les trois mots. En prenant de grandes respirations. Je pars en plongée dans Barthes, enveloppée de sa grande présence rassurante, je lui demande son avis sur tout. En ce moment, je suis dans Fragments d'un discours amoureux.
Le métro c'est pratique parce que je peux lire pendant des heures.

Encore un article: Me, Myself & I
Vendredi 8 octobre 2010 à 1:02
Moi, Goethe. Tout ça.Encore un article: Me, Myself & I
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